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 L'Eglise catholique sous la loupe

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Le pti prince
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MessageSujet: L'Eglise catholique sous la loupe   Sam 30 Déc 2006 - 20:47

Citation :
Hans Küng. L'autre «cerveau» de l'Eglise


L'enfant terrible de la théologie, interdit d'enseignement depuis 1979, publie en France le premier tome de ses Mémoires. Très dur à l'égard de Jean Paul II, il est plus compréhensif envers son successeur, dont il fut le collègue à l'Université de Tübingen.


Henri Tincq, Le Monde
Jeudi 28 décembre 2006
Rubrique: Eclairages

Longtemps, ils ont été les frères jumeaux de la puissante théologie allemande. Même âge à un an près, même parcours universitaire à Tübingen, même brio intellectuel, même boulimie pour l'écriture, même passion pour la musique et Mozart, même audace quand ils étaient jeunes experts au concile Vatican II. Dans les années 1960, ils voulaient changer le monde et l'Eglise. Aujourd'hui, Hans Küng, 78 ans, est doyen émérite de l'Université de Tübingen, conférencier international, auteur prolifique, président de la Fondation pour une éthique planétaire. L'autre, Joseph Ratzinger, 79 ans, est pape.

Deux faux jumeaux, en fait, et pas seulement à cause de leur origine, bavaroise pour Ratzinger, suisse pour Küng. Le premier a fait une carrière sans faute dans l'Eglise. Le deuxième a été sanctionné en 1979 par le Vatican, interdit d'enseignement pour un livre subversif sur l'infaillibilité du pape, et il est devenu le plus féroce adversaire de Jean Paul II. Les deux hommes se connaissent par cœur, s'épient à distance, s'estiment, se jalousent. Elu pape, l'un des premiers gestes de Benoît XVI sera d'inviter à Castel Gandolfo son ancien collègue. Ils ne s'étaient pas revus depuis... 1983. Pendant quatre heures, Küng et Ratzinger ont parlé sans tabou, marché, ri, évoqué les défis de la science, le dialogue des religions, etc.

La longue silhouette de Küng s'étire sur sa terrasse de Tübingen, éclatante de soleil, d'où l'œil capte, au loin, les rondeurs de la forêt souabe. C'est là qu'il médite, lit, écrit. Dans une autre vie, cet homme aurait été un chat. Sous la tignasse grise, il a gardé une démarche féline, un éclat de l'œil, un coup de patte dévastateur, un amour immodéré de la liberté. Chaque jour, il plonge dans la piscine de sa somptueuse propriété: un étage pour son staff, un autre pour son bureau-bibliothèque, un troisième pour son personnel de service. Il nage aussi souvent que possible dans sa maison natale de Sursee, où il est l'aîné de cinq sœurs, et randonne dans les Grisons.

La mécanique intellectuelle est aussi très performante. Cet encyclopédiste catholique connaît par cœur la théologie protestante (Luther, Karl Barth) et la littérature athée, de Feuerbach à Hegel, Nietzsche, Freud, Marx, Sartre. Ses plus grands livres ont nourri des générations de croyants, toutes confessions confondues: Etre chrétien (1978), Dieu existe-t-il? (1981), Le Christianisme et les religions du monde (1986), Projet d'éthique planétaire (1991), Le Judaïsme (1995). Il vient de sortir le premier volume (sur trois) de ses Mémoires, Mon Combat pour la liberté (Ed. du Cerf, 576p.), une mine qui vaut surtout par le récit, sans langue de bois, de son engagement pour une réforme de l'Eglise.

Mais sa statue d'enfant terrible de la théologie l'encombre: «Les controverses sur le célibat des prêtres, l'infaillibilité du pape ou l'ordination des femmes m'ennuient. On connaît mes positions. La décision ne m'appartient pas. Un jour, un pape la prendra en disant qu'il y avait toujours pensé!» Lors de sa rencontre avec Benoît XVI, il n'en a pas été question, ni même de son éventuelle réhabilitation.

En revanche, le dialogue des religions est devenu sa drogue. C'est, pour lui, le radeau de survie de l'humanité. Küng est régulièrement à Berlin, Moscou, Téhéran, Riyad, New York, Pékin, Séoul, Mexico, pour développer son projet d'ethos planétaire, ses applications à la science, à l'armement, à la technologie, aux religions. Il est sévère avec les trois monothéismes également rivés au «paradigme médiéval»: le catholicisme avec sa papauté et son système clérical; le judaïsme orthodoxe avec son étroit système rabbinique; l'islam avec sa charia. Le monde ira mieux quand ces religions auront atteint le «paradigme de l'âge moderne». C'est possible, plaide Küng, qui cite les grandes réconciliations de l'histoire – France et Allemagne, Afrique du Sud – et les nouveaux prophètes: Gandhi, Luther King, Tutu, etc.

Ce savant ne déteste rien autant que l'ignorance. A la fois séducteur et carnassier, il peste contre le discours de son ami Ratzinger à l'Université de Ratisbonne: «On n'a pas le droit de parler de la grande figure de Mahomet sans avoir rien lu sur l'islam!» C'est lui, comme doyen de Tübingen, qui était allé chercher le futur pape pour enseigner la théologie dogmatique. Et là qu'ils ont divergé.

Ratzinger en serait resté à la théologie «des Pères et du Saint-Père», c'est-à-dire à une tradition figée et au système de papauté: «Il n'a jamais travaillé la théologie de la Réforme ni l'exégèse historico-critique du Nouveau Testament, déplore Küng. Comment ose-t-il aujourd'hui faire la leçon aux musulmans sur la raison? Vous croyez que, pour eux, notre religion chrétienne, avec son Dieu fait homme et son Dieu en trois personnes, est une religion rationnelle?»

Il dément en partie les informations selon lesquelles lui faisait amphi comble à Tübingen, alors que le professeur Ratzinger était chahuté: «Il avait aussi du succès. Mais après Mai 68, face aux étudiants d'extrême gauche, il a eu peur et est parti. Moi, j'étais aussi choqué, mais j'empoignais le micro et je me battais.» Sans se faire prier, il raconte ses années de compagnonnage avec le futur pape, le spectacle de ballet auquel, à Stuttgart, il l'avait convié avec sa sœur Maria.

Il a gardé de la tendresse pour lui, mais de la haine pour son prédécesseur qui, en vingt-six ans de règne, l'a ignoré, n'a jamais réagi à un seul envoi de lettre ou de livre: «Jean Paul II était un homme de coups médiatiques, toujours sur la scène. Comme Reagan.»

Dans ses Mémoires, il révèle avec cruauté que la formation théologique de Karol Wojtyla était «si étroite» que le futur Jean Paul II avait été recalé comme doctorant à l'Université grégorienne de Rome. Et il appuie sur la plaie: «Ce pape a condamné des théologiens qu'il ne connaissait pas.» Avec Ratzinger, Küng respire: «Lui a étudié, comme moi, nuit et jour. Et parler avec lui est un vrai plaisir intellectuel. Il est beaucoup plus sceptique que son prédécesseur sur l'impact des voyages et grands rassemblements et plus lucide sur les défauts de l'Eglise.»

Ils ne se sont pas seulement revus. Ils s'écrivent. Le nouveau pontificat le surprend-il? Rire: «Non, jusqu'ici, la seule surprise, c'est qu'il a osé me recevoir! Mais je ne peux pas m'imaginer qu'un jour, il ne fera pas un acte courageux, là où des gens souffrent, par exemple en faveur des divorcés-remariés écartés des sacrements. S'il ne le fait pas, il ne restera aucune trace de lui dans l'histoire.» Küng ne réclame aucune faveur. Sa solidarité avec Benoît XVI se veut critique. Il a trop la passion de sa liberté: «Je n'ai aucun ressentiment envers lui. Nous ne sommes pas ennemis, mais dans deux systèmes différents.»


© Le Temps, 2006. Droits de reproduction et de diffusion réservés.

dédié, comme cadeau de fin d'année, à tous les fans de mes courts messages (et je le sais, ils sont nombreux clochette )

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Dim 31 Déc 2006 - 22:36

Le pti prince a écrit:

dédié, comme cadeau de fin d'année, à tous les fans de mes courts messages (et je le sais, ils sont nombreux clochette )

Cool

tu ne pouvais pas faire mieux lol!

vive tit prince! holaa

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Ven 5 Jan 2007 - 0:55

Lord_Devil a écrit:
Le pti prince a écrit:

dédié, comme cadeau de fin d'année, à tous les fans de mes courts messages (et je le sais, ils sont nombreux clochette )

Cool

tu ne pouvais pas faire mieux lol!

vive tit prince! holaa

et qu'en penses-tu, toi, de Küng ?

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Ven 5 Jan 2007 - 17:08

euh... ce que j'en pense... c'est qui d'abord?



je lis ton topo et je poste ma réponse ce soir ok? ^^
merchi

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Ven 5 Jan 2007 - 18:45

Lord_Devil a écrit:
euh... ce que j'en pense... c'est qui d'abord?



je lis ton topo et je poste ma réponse ce soir ok? ^^
merchi

je t'en prie mamy clochette

c'est bien t'as compris que pour comprendre faut lire Cool afro

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Sam 6 Jan 2007 - 2:29

Lord_Devil a écrit:
euh... ce que j'en pense... c'est qui d'abord?



je lis ton topo et je poste ma réponse ce soir ok? ^^
merchi

tu as un soir de retard Lord Devil tusors

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Mar 16 Jan 2007 - 18:23

Citation :
Avis de tempête dans l'Eglise catholique, par Henri Tincq


Le bateau tangue. Icône d'un catholicisme traditionnel et résistant, l'Eglise de Pologne, rattrapée par son passé, est en pleine crise. Comme celle d'Espagne, qui peine à s'adapter à l'Europe laïque et mène la guerre au gouvernement socialiste. Comme celle d'Italie, active sur tous les fronts - la bioéthique, le pacs, l'euthanasie - pour défendre ses positions jusqu'à l'intransigeance qui l'a conduite à refuser des funérailles religieuses à Piergiorgio Welby, grabataire et condamné, débranché à sa demande. Le pays unanime a condamné ce manque de charité, quelques jours après les obsèques... religieuses d'Augusto Pinochet.


Et que dire des Eglises sinistrées en Belgique, aux Pays-Bas, dans les pays ex-communistes (à l'exception de la Pologne) ou tétanisées comme en Irlande ou aux Etats-Unis par les scandales de prêtres pédophiles ? Dans cet environnement, on en viendrait presque à penser que la France tire son épingle du jeu. Les rapports avec l'Etat de l'Eglise, qui s'est adaptée, de gré ou de force, à la tradition laïque, y sont bons. Mais les Français, qui déjà pratiquaient peu, se déclarent de moins en moins catholiques (Le Monde des religions, numéro de janvier). Et c'est cette Eglise affaiblie qui risque demain d'être frappée de plein fouet par le projet de Rome d'accorder de nouvelles facilités à la messe en latin, considérée comme une régression par la grande majorité des fidèles. Le décret ("motu proprio") du pape a été retardé sur la pression des évêques français, mais après les crises polonaise, espagnole, italienne, on voit mal Benoît XVI prendre le risque de se mettre à dos l'Hexagone.

Le bateau tangue, d'abord, à Rome. La succession des dérapages qui s'attachent depuis quelques semaines à l'action du pape jette le trouble. L'état de grâce du théologien chevronné, qui avait surpris par sa hauteur de vues et son humble style, est terminé. Et le doute s'insinue : si les qualités intellectuelles et spirituelles de Benoît XVI sont appréciées, si sa popularité ne se dément pas - comme on en juge par le nombre des visiteurs place Saint-Pierre -, sa capacité d'homme de gouvernement n'a- t-elle pas été surestimée ? Car les décisions tardent, les desseins manquent, les déceptions s'accumulent.

Sans doute est-il imprudent de faire un amalgame entre des polémiques de nature différente, mais c'est leur succession qui crée l'image d'un pape peu préparé à sa fonction, mal entouré, accumulant les maladresses. Chacune a sa genèse : sous-estimation du caractère diffamatoire pour les musulmans du discours de Ratisbonne (Allemagne) sur la foi et la violence ; volonté de Benoît XVI, respectueux de l'ancienne tradition liturgique, d'en finir avec le schisme lefebvriste par des concessions sur la messe en latin ; fixité d'une morale catholique, dans l'affaire Welby, qui interdit toute atteinte à la vie, du début (avortement) à son terme (euthanasie) ; ignorance, enfin, du détail des archives polonaises mettant en cause des prêtres compromis avec les services de leur pays à l'époque communiste.

A chaque fois, le rétablissement est spectaculaire, mais suivi d'un autre coup de volant. Avec l'islam, une sortie de crise honorable a été trouvée grâce à la visite de Benoît XVI à la Mosquée bleue d'Istanbul, qui a scellé la réconciliation mais indigné des catholiques surpris de voir un pape en prière dans un lieu musulman.

Même confusion après la démission de l'éphémère archevêque de Varsovie : si certains admirent la façon courageuse dont le pape a tranché, une fois convaincu que l'homme n'avait pas dit toute la vérité, beaucoup s'étonnent du manque de vigilance du Vatican, qui l'avait nommé et soutenu. Et en Pologne, des voix s'élèvent pour s'étonner que des comptes ne soient pas aussi demandés en Espagne aux évêques et prêtres ex-franquistes, en Amérique latine à ceux qui ont collaboré avec les dictatures en Argentine ou au Chili.

Bref, ces dérapages traduisent un désarroi inhabituel au sommet de l'Eglise. Et les critiques commencent à fuser. Elles visent l'apparente soumission du pape à une Curie qui n'a pas été renouvelée autant qu'annoncé. Benoît XVI remanie son gouvernement par petites touches, nomme, comme s'il voulait se rassurer, ses anciens collaborateurs à l'ex-Saint-Office : Tarcisio Bertone, nouveau secrétaire d'Etat, Claudio Hummes, nouveau préfet (brésilien) du clergé, Ivan Dias, nouveau préfet (indien) de l'évangélisation. Ces hommes tardent à peser dans la vieille Curie de Jean Paul II, qui reste dominée par les partisans d'une gestion ultraprudente.


UN INTERDIT PLUS TENABLE


Critique aussi face au retard dans le traitement de dossiers brûlants comme celui des divorcés-remariés. Ou du préservatif, pour lequel une atténuation de la position de l'Eglise a été promise, alors même que des cardinaux de poids (Danneels à Bruxelles, Lustiger à Paris, Agrée à Abidjan) répètent, depuis vingt ans, que l'interdit n'est plus tenable face à une tragédie absolue comme le sida. Retard dans le règlement de successions lourdes comme celle du cardinal Ruini, vicaire de Rome, qui bloque toute évolution de l'Eglise italienne, dont il est le chef ; celle du cardinal colombien Lopez Trujillo, conservateur qui dicte les positions romaines sur l'éthique sexuelle et la famille ; celle du cardinal Poupard, chargé du dialogue des cultures et avec l'islam et qui n'avait pas été informé du discours de Ratisbonne.

La critique monte, enfin, contre l'absence apparente d'ambition mondiale d'un pontificat où dominent le poids de l'Europe et la hantise du pape allemand pour la "mort de Dieu" et la "dictature du relativisme". Que sait-on de ses positions sur le rapport entre la foi et les cultures lointaines, la cohabitation avec le prosélytisme des Eglises évangéliques dans les métropoles urbaines, l'émergence de l'Inde et de la Chine, l'intensification des flux migratoires des pays pauvres ?

Contrairement à son prédécesseur, qui, élu à 58 ans seulement, avait su s'extraire de la Curie pour ratisser les pays du Sud, où se joue l'avenir d'un christianisme qui a changé de couleur, Benoît XVI, 79 ans, n'est pas encore sorti de l'Europe. Un voyage est programmé en mai au Brésil. Une nouvelle page pourra s'ouvrir, mais on aura garde d'oublier que la "mondialisation" de l'action, de la pensée et des déplacements de Jean Paul II n'a pas empêché l'extrême centralisation de son Eglise. C'est par la reprise des inspirations du concile Vatican II - plus grande autonomie des Eglises locales, gouvernement plus collégial, réforme de la Curie et de la papauté, ouverture oecuménique -, mises en sourdine sous Jean Paul II, que l'Eglise catholique pourra s'adapter à son temps et retrouver sa dimension d'universalité.
Henri Tincq

Source

Cette Eglise n'a en effet plus trop de crédibilité, ce qui se marque dans les sondages faits par le même journal sur les chrétiens de france de plus en plus éloignés de Rome...

je les poste dans un prochain post

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Mar 16 Jan 2007 - 18:32

A la question :

"Quelle est votre religion, si vous en avez une ?"

51% ont répondu catholiques,

A la question

"à quelle fréquence assistez-vous à la messe ?"

46% (des 51% cathos) ont répondus qu'ils n'y allaient que pour les cérémonies du style baptêmes, mariages...

31% ont répondus qu'ils n'y allaient que de temps en temps, lors des grandes fêtes

6% ont répondus qu'ils ne pratiquaient jamais

9% ont répondus qu'ils y allaient deux à trois fois par mois et

8% seulement ont répondus qu'ils y allaient au moins une fois par semaine.


La question suivante posée à ceux qui se déclaraient catholiques, était :

"Selon vous, qu'y a-t-il après la mort"

53% ont répondu qu'il y a quelque chose, mais ils ne savent pas quoi

26% ont répondu qu'ils croient qu'il n'y a rien

8% ont dit croire à la réincarnation et

10 petits % ont affirmés croire à la résuréction...

(les 3% restants ne se sont pas pronocés)

les sources sont prises dans "le Monde des religions"...

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Mar 23 Jan 2007 - 2:51

Voilà que ce sondage anime des débats passionnés dans les médias... L'Eglise intitutionnelle sera vaincue par le libéralisme de nos sociétés relativistes. Voilà la dernière thèse proposée par Jean-Marie Donegani, directeur d'études à l'Institut d'études politiques de Paris.

En 2003, il publiait une analyse intitulée « Catholicisme et libéralisme : de la concurrence à l’alliance ».

Semble-t-il il a changer d'analyse en peu de temps Cool

En tout cas on voit naître depuis un bon bout de temps maintenant une guerre (sainte ?) engagée par l'Eglise, Benoît 16 en tête, contre les "valeurs" scularisées de notre époque.

De quoi s'agit-il ?

En gros s'affrontent

à ma droite, le relativisme ambiant de nos sociétés qui se révèle avant tout par l'individualisme exacerbé. Un des fléaux combattu par l'Eglise est: le déplacement de la foi religieuse de l'espace commun (le lieu de culte) à la sphère avant tout privée: le fait religieux vécu de manière individuelle, chez soi et qui se modèle en fonction de son expérience subjective plutôt qu'en fonction d'une morale, d'un dogme dicté par l'extérieur.

à ma gauche, ben une volonté de dénoncer ce relativisme que l'on pense être néfaste car finissant par mener à l'indifférence. Et comme tout le monde le sait, Dieu vomit les tièdes...


Mais lisons plutôt:

Citation :
Entretien avec Jean-Marie Donegani, directeur d'études à l'Institut d'études politiques de Paris

L'Eglise sera vaincue par le libéralisme


LE MONDE | 20.01.07 | 12h02 • Mis à jour le 20.01.07 | 13h27


Le Monde des religions publie ce mois-ci un sondage où, à la question "Quelle est votre religion, si vous en avez une ?", seulement 51 % des personnes interrogées répondent "catholique", alors qu'elles étaient 67 % en 1994 dans un sondage réalisé pour Le Monde. Etes-vous surpris par cette érosion ?


Un sondage de 1998 donnait déjà ce chiffre de 51 %. Ce qui compte, c'est l'évolution sur la longue période. Une rupture se produit vers 1975-1980 : auparavant, les catholiques déclarés représentaient environ 80 % et, à partir de là, leur nombre décroît pour s'établir autour de 50-55 %. Ce sondage confirme donc une tendance. Mais ce qu'il révèle d'essentiel, c'est le détachement vis-à-vis de la religion institutionnelle. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait plus de sentiment religieux, plus de foi, plus de pratique religieuse. Mais il y a une désinstitutionnalisation au sens où les gens, au lieu de raisonner en termes d'appartenance à une Eglise, raisonnent en termes d'adhésion à des valeurs et d'identification, totale ou partielle, à un foyer de sens.


La France est-elle une exception ?

Pas du tout. Ce constat vaut pour toutes les sociétés occidentales développées, même si la France est la plus sécularisée. C'est le grand triomphe du libéralisme : la religion n'englobe plus tous les aspects de la vie des personnes et de la société, elle devient une affaire privée.


La généralisation du libéralisme de marché au tournant des années 1980 aurait-elle accéléré ce changement des mentalités en matière religieuse ?


C'est moins le libéralisme économique qui est ici en jeu que le libéralisme culturel : l'idée d'une séparation entre les différents domaines, le religieux, le politique, l'économique et surtout, cette césure entre sphère publique et sphère privée. C'est sur ce point que le catholicisme et la modernité libérale se sont heurtés depuis le début. L'Eglise n'a cessé de condamner la privatisation du religieux. La subjectivité prend le pas sur le dogme : est religieux ce que je définis comme tel. Dans un sondage auprès des 12-15 ans publié il y a quelques années dans Okapi, des mots tels que justice, vérité, liberté, amitié étaient considérés par une majorité d'enquêtés comme religieux. Est religieux ce à quoi on tient le plus. Au lieu d'une définition extérieure, objective et institutionnelle du religieux, on a une définition personnelle et mouvante. Et ce subjectivisme va de pair avec le relativisme qui est le deuxième front sur lequel se bat l'Eglise catholique, avec tout aussi peu de succès.


Comment se traduit ce relativisme ?


Dans le sondage du Monde des religions, seulement 7 % des catholiques estiment que le catholicisme est la seule vraie religion. En 1952, ils étaient plus de 50 % ! Plus surprenant encore, le noyau dur des pratiquants qui vont à la messe tous les jours est aussi relativiste : 52 % d'entre eux estiment qu'"on trouve des vérités dans différentes religions". C'est le même pourcentage que chez les non-pratiquants.


Qu'est-ce que cela dit de la foi ?


Cela veut dire que l'on peut avoir une foi qui imprègne tous les aspects de sa vie, et considérer que d'autres accès à la vérité sont légitimes. C'est l'essence même de la modernité libérale que d'admettre que la vérité existe, mais qu'elle est relative à celui qui en fait l'expérience et qu'aucune autorité ne peut vous l'imposer. Quand le Vatican pourfend le relativisme, il pourfend une réalité irrépressible. Pour le magistère, le relativisme conduit à l'indifférentisme - toutes les religions se valent - puis à l'indifférence - si elles se valent toutes, aucune ne vaut. Or le sondage montre que les gens sont relativistes mais non indifférentistes : ils ne sont que 39 % à dire que toutes les religions se valent. C'est au sujet individuel d'apprécier la valeur relative d'une religion indépendamment de l'institution.


Comment l'Eglise vit-elle cette montée du subjectivisme ?


Il est difficile pour l'Eglise de renoncer à la primauté de sa version de la vérité. Il y a selon elle une objectivité des contenus de foi. Or cette approche est en contrariété avec notre culture dans laquelle c'est le sujet qui décide ce qui est vrai, bon ou juste pour lui. Le relativisme contient l'idée de relation : est vrai ce qui est en relation avec moi. Et l'on passe du règne de la vérité au règne de l'authenticité : être soi-même et non pas être conforme à des vérités extérieures, choisir ce qui est pertinent pour sa propre expérience.


Quelles sont les conséquences sur les pratiques religieuses ?


Les gestes extérieurs prescrits par l'institution, la pratique cultuelle par exemple, s'effritent plus vite que ce qui relève du for interne comme la prière. Comme le révélait déjà un sondage de 1985, l'identité chrétienne ne s'exprime plus pour la majorité des gens par la participation au culte, mais par des gestes privés tels qu'"aider ceux qui sont dans le besoin autour de soi" ou "prier, penser à Dieu". Le subjectivisme va en outre de pair avec une certaine hétérodoxie : chacun choisit dans le corpus des croyances celles qui font sens pour soi et qui apportent du réconfort. Ainsi la croyance au paradis est plus répandue que la croyance dans l'enfer. La croyance est évaluée selon un critère d'utilité. Et la pertinence de la religion s'éprouve ici-bas : la question du salut au-delà de la mort est complètement dédramatisée.


Mais alors, qu'est-ce qu'être catholique aujourd'hui ?


C'est plus difficile qu'auparavant de le définir. On peut être dedans sur un point et dehors sur un autre, on peut se rattacher à une tradition et à une Eglise mais aussi plus souplement à un fonds de valeurs ou à une sagesse. Parmi les catholiques qui croient en Dieu (52 % seulement), 79 % le définissent comme "une force, une énergie, un esprit". Seuls 18 % le définissent conformément au dogme. Donc l'enjeu est radical : soit on déclare que ces gens sont en dehors du catholicisme, soit on aborde le problème d'un point de vue sociologique et l'on estime que ces gens-là se disent catholiques, donc que c'est cela le catholicisme aujourd'hui. Mais cela pose le problème de l'identité de l'institution. Car il y a très clairement un hiatus aujourd'hui entre le dépôt de foi tenu par l'Eglise et la foi déclarée des catholiques.

Propos recueillis par Sophie Gherardi et Stéphanie Le Bars

Source

voilà pour lancer le débat.

personnellement je trouve toujours dommage qu'il faille toujours faire des camps, comme dans la boxe, à ma droite... à ma gauche...

mais voilà, nous sommes, et l'Eglise la première (autant que les médias) que de simples être humains...

Mais je préfèrais le titre de l'analyse de 2003 du journaliste: « Catholicisme et libéralisme : de la concurrence à l’alliance »...
je vais tenter de retrouver cet article d'ailleurs Cool

en tout cas voilà un vaste débat qui ne finira pas de si tôt de nous quetionner !

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MessageSujet: Re: L'Eglise catholique sous la loupe   Mar 23 Jan 2007 - 3:01

bon il semble que ce soit plus qu'une petite analyse...

« Catholicisme et libéralisme : de la concurrence à l’alliance », in T. Ferenczi, dir., Religion et politique, une liaison dangereuse ?, Ed. Complexe, 2003.

qui a lu cet ouvrage et peut nous le résumer ? clochette lool

ps: j'aime bien le "Ed. Complexe"

ptiprince

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