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 Polythéisme et monothéisme

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Le pti prince
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MessageSujet: Polythéisme et monothéisme   Mar 27 Mar 2007 - 17:19

Citation :
Des dieux si humains

Paru le Vendredi 23 Mars 2007

RACHAD ARMANIOS

RELIGIONS

Forts de leur vocation universelle, les monothéismes se regardent en chiens de faïence et peinent à dépasser la notion de vérité théologique. Une notion inconnue du monde antique, où chacun était libre de pratiquer le culte du voisin. Plongée dans un monde sans guerres de religions, en compagnie du spécialiste des polythéismes antiques Philippe Borgeaud.

Ce n'est pas un choc des civilisations que Philippe Borgeaud analyse en observant ses contemporains, mais un clash des monothéismes. Responsable de l'unité d'histoire des religions de l'Université de Genève, le professeur compare le monde actuel à celui des Anciens, auquel il a consacré sa vie. Tissant non seulement des liens entre les disciplines (lire page suivante), il veut aussi communiquer sa passion de la religiosité antique au public. Il a mis sur pied des formations continues, dont un cycle de conférences sur le sacrifice, la magie, la divination et la mythologie1. Ce spécialiste des polythéismes nous entraîne dans un univers ouvert à la diversité religieuse, dénué de vérités théologiques et de guerres de religions.
Mais point d'idéalisme: la tradition, la pratique cultuelle devaient absolument être respectées. Au fond, avec nos rites modernes et nos religions codifiées, sommes-nous si différents des Anciens? Entretien.


Comment définir la religiosité des Anciens?

Philippe Borgeaud: Croire, en grec ancien, c'est littéralement «respecter la coutume». Dans l'Antiquité, c'est le rite qui domine. Il se donne du sens à lui-même. On le pratique pour le pratiquer. Puis on cherche des explications, toujours multiples, dans la mythologie. Il n'y a ni dogme, ni lois sacrées, ni religions révélées. Le mythe est un commentaire sur la pratique, une version merveilleuse, discutable et discutée. Dans ce monde très pluriel, chaque cité et famille élargie (la gens) a ses propres dieux et obéit à ses traditions. Mais on peut, en plus, s'initier à des cultes itinérants, comme celui de Mithra ou des mystères d'Eleusis. Plutarque dit en outre que les dieux ne sont ni du Nord ni du Sud. Ils sont reconnus et même traduits. La déesse Isis est la traduction égyptienne de la grecque Déméter. Mieux, Dionysos est à Déméter ce qu'Osiris est à Isis, son époux.
Les religions, qui n'ont pas vocation universelle, se côtoient sans se contester. Le christianisme marque en ce sens une rupture fondamentale. Car renier sa tradition peut mener à des procès d'impiété, à des condamnations à mort.
Sur le plan collectif, la religion évolue de façon consensuelle. C'est la cité entière qui décide d'introduire un nouveau culte. En 203 avant J.-C., à la demande du Sénat et après avoir consulté les oracles, Rome instaure, pour des raisons politiques, le culte de la mère des dieux, importé d'Anatolie.


Il n'y a donc pas de guerres de religions?

C'est impensable. Mais on peut avoir affaire à des fous, c'est-à-dire des impies. Cambyse (530-522 av. J.-C.), roi de Perse, conquiert l'Egypte et tue le boeuf Apis. Si l'on veut détruire un sanctuaire, il faut accomplir un rite d'évocation pour en faire sortir la divinité et l'inviter chez soi. En aucun cas on n'attaque un dieux.


S'il n'y avait pas de vérités théologique, il y avait bien des théologies?

Oui, on trouve une réflexion théologique. Mais pas chez les autorités religieuses, d'ailleurs confondues avec le pouvoir politique. La théologie, en grec, signifie «discours sur les dieux», soit la mythologie. Les théologiens, ce sont Homère ou Hésiode qui mettent en scène des dieux. Ceux qui réfléchissent sur la religion, de façon critique ou mystique, ce sont les philosophes. On peut aller jusqu'à nier l'existence des dieux – pas sur la place publique toutefois. Certaines choses dans les mythes sont absurdes mais bonnes pour la plupart des gens, disait Varron, sans pour autant contester la pratique. Dans ce sens, la liberté de pensée est grande, pas celle de pratiquer. Le sacrifice est bien mis en doute par certaines sectes, mais jamais fondamentalement.


Quelles sont les préoccupations des religions?

Elles sont d'ordre politique, économique, conjoncturel. Saint Augustin, considérant la foule des dieux païens, constate qu'aucun ne s'occupe du salut de l'âme. Pour les Anciens, il faut entretenir de bons rapports avec les dieux, pour obtenir des récoltes fructueuses ou garder une bonne santé... Mettre en doute le rite, c'est menacer la paix de la cité avec les dieux. Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, conteste l'accusation que les invasions barbares ont été provoquées par l'abandon des dieux païens par les chrétiens. Pour les Anciens, rien n'est plus dangereux qu'un dieu courroucé, il faut qu'il soit heureux.


Des caractéristiques très humaines!

On avait conscience que les dieux étaient très «anthropomorphisés» et on s'en moquait. Homère met en scène des divinités stupides. Si vous poussez l'Ancien dans ses retranchements, il vous dira que les dieux, mystérieux, sont au-delà de la perception.


Comment communiquait-on avec eux?

Par le rite et le sacrifice. Lors de repas, on les invitait à table. A Rome, on mettait de la nourriture dans certains endroits. On savait qu'elle serait mangée par les pauvres, mais on trouvait cela très bien. ---
Y avait-il un rapport personnel aux dieux?
Oui. Si chaque communauté affectionne en particulier une ou plusieurs divinités – Athéna à Athènes, Aphrodite à Corinthe –, c'est vrai aussi des individus. Pour obtenir quelque chose d'un dieu, comme une guérison, on va dans un sanctuaire et on adresse la prière à la divinité adéquate, après avoir accompli des libations et s'être purifié. On lui adresse une prière, on loue sa puissance. On lui demande des choses, mais on lui en promet beaucoup plus.


Y avait-il des intermédiaires?

Oui, des prêtres, surtout pour les oracles. Dans le privé, on recourait énormément aux services payants des magiciens, à qui on attribuait de communiquer directement avec les dieux, quasiment d'avoir un pouvoir de contrainte sur eux.


Le christianisme s'impose-t-il difficilement?

Lorsqu'il apparaît, on remarque à peine cette secte juive, qui choque et est réprimée parce qu'elle refuse d'accomplir le minimum rituel – un salut à une statue. La pensée chrétienne mettra du temps avant de devenir respectable aux yeux des philosophes. Puis Constantin se convertit (en 312, ndlr), et le peuple suit l'empereur. C'est aussi simple que cela. Je renvoie à Paul Veyne, qui invite à «croire à la conversion de Constantin» 2.


Les rites anciens ont-ils survécu?

Leur fondement, les sacrifices d'animaux, sont supprimés par le christianisme. L'Eucharistie est bien une métaphore sacrificielle – «Ceci est mon corps...» –, mais on n'abat plus de bêtes. Ce qui est adapté et procède à la fondation de l'Eglise, ce sont les institutions, la hiérarchie sacerdotale, le droit.


Source: Le Courrier

le monothéisme chrétien selon des orateurs catholiques tels que Guillebaud, aurait "inventé" l'indivdu singulier poussé vers un but, une espérance. Sans nul doute alors a-t-il aussi inventé les guerres de religion, le dogmatisme, l'extrêmisme religieux et j'en passe :?

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