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 La Belgique en danger ?

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Le pti prince
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MessageSujet: La Belgique en danger ?   Mer 24 Oct 2007 - 1:25

Les belges de ce forum pourront sans aucun doute nous éclairer sur la situation présente dans leur pays qui me semble basculer petit à petit dans le chaos... Embarassed Shocked

Citation :
Belgique: manifs pour et contre l'unité

8 octobre 2007 09:37

Le Flamand Yves Leterme a une lourde tâche devant lui

[Reuters]

La Belgique peine à se sortir de la crise qui divise Flamands et Wallons. Dimanche, 350 indépendantistes flamands ont manifesté près de Bruxelles en brûlant des drapeaux belges. Des défenseurs de l'unité se sont aussi réunis à Bruxelles.

Pour les partisans extrémistes de l'indépendance de la Flandre, le drapeau est le symbole d'un royaume "artificiel" qu'ils espèrent voir disparaître à l'issue de la crise politique actuelle. "Que la Belgique crève!", "Les rats wallons, pliez vos bagages!": les slogans contre l'unité de la Belgique et contre les francophones ont fusé dans le centre de Rhode-Saint-Genèse.

Cette commune de la périphérie de Bruxelles fait officiellement partie de la Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique, mais sa population est à plus de 60% francophone.

Drapeau brûlé

La marche était organisée par le Voorpost ("Avant-poste" en néerlandais), un groupe radical qui milite pour la fin de la Belgique au nom des "intérêts de la communauté ethnique néerlandaise". Dix-sept parlementaires du parti d'extrême-droite indépendantiste Vlaams Belang étaient présents dans un cortège où flottaient de nombreux drapeaux jaunes frappés du lion noir, symbole de la Flandre.

Un drapeau belge noir-jaune-rouge a été traîné tout au long du parcours par les militants du Voorpost, qui l'ont abondamment arrosé de crachats, avant de le brûler en chantant l'hymne flamand, le "Vlaamse Leeuw".

Waterloo, un symbole

Mais les rues de la commune, située entre Bruxelles et la Wallonie, étaient pratiquement vides et la manifestation s'est déroulée sans incident. Les protestataires se sont ensuite rendus à Waterloo, "symbole du succès des Hollandais et de l'Europe sur l'impérialisme français".

Quatre mois après les législatives (voir ci-contre), les Flamands sont toujours très remontés. "Pour nous, c'est le moment crucial pour demander l'indépendance de la Flandre", a expliqué dimanche le secrétaire national du Voorpost, Michaël Debronett. "Tout le monde voit que la Belgique est un problème en soi. La solution, c'est de séparer les Flamands et les Wallons. A ses yeux, Rhode-Saint-Genèse, comme d'autres communes flamandes de la périphérie de Bruxelles, "sont en danger de francisation".

Manif pour l'unité

De l'autre côté de l'échiquier politique, une autre manifestation a été organisée dimanche au centre de Bruxelles par des partisans de l'unité de la Belgique. Une centaine de personnes, dont de nombreux jeunes, se sont rassemblées, arborant les couleurs belges et portant des autocollants "Touche pas à ma Belgique".

Si un éclatement du royaume semble pour le moment exclu, la Belgique devrait toutefois sortir profondément ébranlée et transformée de la crise qu'elle traverse actuellement, a estimé cette semaine le socialiste Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise.

L'issue "probable" est un passage vers un système "confédéral", où Flandre, Wallonie et Bruxelles jouiraient de plus d'autonomie, a conclu le Wallon. Une solution qui peut être positive si la solidarité entre Belges est préservée et si aucun camp ne sort humilié, a-t-il assuré, sans toutefois écarter l'hypothèse d'un "grand déballage". "Il y a du côté flamand des gens pressés, des gens irrationnels. On verra qui va l'emporter", a conclu Charles Picqué.

agences/boi

Source: Tsr.ch

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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Mer 24 Oct 2007 - 9:42

Ce qui suit est assez long, mais je me suis permis de dresser un portrait exhaustif de la situation et de la crise en Belgique!

Effectivement, un grave crise politique et communautaire secoue le pays, et nous vivons des situations analogues à la situation en ex-Yougoslavie, en Espagne ou au Rwanda avant les guerres civiles.

D'un autre côté, il y a plein de mouvements de citoyens qui se mettent en place (http://www.sauvonslasolidarite.be/ et http://www.lapetition.be/petition.php?%20petid=408) pour lutter contre le nationalisme des deux côtés de la frontière linguistique.

Etant 50% francophone et 50% néerlandophone (100% Belge donc lol!), je suis opposé à tout projet séparatiste, et ce pour les raisons suivantes: un éclatement de la Belgique est absurde parce que:
- l'Europe s'unifie,
- la majorité de la population veut vivre au sein d'un seul Etat,
- Bruxelles, ville multiculturelle et multilingue, peut devenir un deuxième Sarajevo (Bruxelles est l'enjeu des nationalistes de part et d'autre de la frontière linguistique, et il existe des plans d'annexion, et d'épuration linguistique).

Vous allez me dire, si la majorité de la population est contre l'éclatement du pays, comment les choses ont-elles pu aller aussi loin?
Parce que la Belgique ne connaît pas, contrairement en Suisse, le référendum, du moins pas au niveau national.
En fait, on pourrait dire que la Belgique n'est plus une démocratie (dans le sens historique et étymologique du terme), mais un mélange de particratie, de médiacratie et de ploutocratie. Ce qui fait que les citoyens, à part tous les x ans aller voter, n'ont pas voix au chapitre. D'ailleurs, le Belge moyen ne s'intéresse pas à la politique: les débats politiques (sérieux) sont diffusés tard le soir, nous ne connaissons pas d'émission politique satirique et très peu d'humoristes dénoncent les égarements des politiques.

C'est en somme un cercle vicieux: comme les citoyens ne sont pas intéressés par la politique, ils votent pour n'importe qui. Ces partis s'accrochent au pouvoir et votent des lois ou prennent des initiatives qui vont à l'encontre de la volonté du citoyen, ce qui creuse davantage l'écart entre politiciens et citoyens.

C'est très complexe, mais ce n'est pas pour rien que la Belgique est la patrie du surréalisme! lol!

Résumer l'origine des problèmes communautaires n'est pas aisée, car il y a tant de facteurs, mais je vais faire de mon mieux. scratch

Tout comme la Suisse, la Belgique est un pays multiculturel et multilingue. Actuellement, sur 10 millions d'habitants, il y a 6 millions de néerlandophones et 4 millions de francophones, vivant respectivement essentiellement dans le Nord et le Sud. A l'est, il y a une petite minorité de germanophones. Au milieu du pays, se trouve Bruxelles, ville officiellement bilingue mais qui dans la pratique est francophone à 85-90%.
Au début de l'indépendance belge, la langue de l'élite, tout comme dans le reste de l'Europe, était le français. Ce n'est que graduellement que le néerlandais (flamand) s'est émancipé pour devenir, d'un point de vue administratif, l'égal du français. Comme pour certains nationalistes, cela n'allait pas assez vite, ils ont fait l'erreur de collaborer avec les Allemands durant les deux guerres mondiales, plongeant le mouvement flamand (à la base un mouvement culturel) dans la collaboration. Après la Deuxième Guerre mondiale, certains extrémistes n'ont jamais admis leurs erreurs et ont progressivement sapé les fondations de l'Etat.

En réaction à ce nationalisme flamand, qui souhait que la Flandre devienne indépendante, est né le mouvement wallon, qui réclamait plus d'autonomie voire l'indépêndance de la Wallonie, c.-à-d. les provinces francophones de la Belgique.
A partir des années 60, les nationalistes de tout bord ont essaimé dans les partis traditionnels en y répandant le poison nationaliste. Ceci a conduit à plusieurs réformes de l'Etat, faisant passer la Belgique d'un Etat unitaire à un Etat fédéral.

Au début, cela était une bonne idée, mais le problème c'est que contrairement à de nombreux Etats fédéraux, on n'a pas fédéralisé à partir des entités historiques (les cantons en Suisse, les provinces en Belgique, les Länder en Allemagne,...) mais sur des critères purement linguistiques. Les partis nationaux se sont scindés, ce qui a conduit à une bipolarisation de la Belgique. Désormais, tout problème devenait un problème entre néerlandophones et francophones, et à cause des nationalistes dans tous les partis, la faute est automatiquement rejetée sur l'autre communauté.

Le problème actuel, c'est que certains politiciens veulent scinder le pays et voudraient pour ce faire une énième réforme de l'Etat qui creuserait davantage le fossé entre communautés. Actuellement, on ne parle plus avec des arguments, mais avec des slogans; les débats deviennent démago, les modérés n'ont plus voix au chapitre. (situation similaire dans l'Espagne d'avant la Guerre civile: les extrémistes dominaient la scène politique, les modérés étaient impuissants)

Le seul hic, c'est qu'il y a Bruxelles. Historiquement parlant, Bruxelles est une ville flamande, mais dans la pratique, elle est devenue francophone. En cas de scission de la Belgique, chaque camp souhaite reprendre Bruxelles à l'autre camp, quitte à l'assiéger et à en faire un deuxième Sarajevo (Bruxelles est une ville bilingue, enclavée en Flandre, avec aucune attache territoriale avec la Wallonie). Ce n'est pas le seul problème en cas d'une scission du pays, il y a aussi la répartition du patrimoine culturel, de la dette publique, la fixation définitive de la frontière,... En effet, les nationalistes de part et d'autre souhaite garder le meilleur tout en imposant des contraires à l'autre camp (comme dans un divorce)!

Bref, toute cette tension communautaire et nationaliste ne profite à personne, sauf à ceux qui les entretiennent, et entre-temps les vrais problèmes (justice, fiscalité, écologie,...) ne sont pas résolus. confused
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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Dim 28 Oct 2007 - 19:19

Merci de ces explications.

En sommes les extrêmistes flamands veulent une flandre indépendante. Et un rattachement aux Pays-Bas ? Lol... cela m'étonnerait, mais sans doute se sentent-ils plus proche des hollandais que des wallons... En tout cas linguistiquement.

Moi ce que je trouve fou, ce sont ces centaines d'années passées ensemble, et tout d'un coup, paaf, on veut se sparer les uns les autres (même si comme tu l'as bien expliqué Alex, cette situation s'explique par des événements débutés dès la fin de la 2ème guerre mondiale...). Perso avec les suisses allemand, certes il y a la barrière plus ou moins vivace de la culture, mais l'identité suisse est justement cette richesse linguistiques même si pour beaucoup la langue est une barrière.

En tout cas j'espère que pour la Belgique une voie de raison va se façonner petit à petit, même si cela est (très) mal engagé.

ps: dans les revandications des nationalistes (flamands), n'y a-t-il pas des relents xénophobes face à une certaine immigration grandissante en Belgique ?

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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Mar 30 Oct 2007 - 0:57

Citation :
En sommes les extrêmistes flamands veulent une flandre indépendante. Et un rattachement aux Pays-Bas ? Lol... cela m'étonnerait, mais sans doute se sentent-ils plus proche des hollandais que des wallons... En tout cas linguistiquement.
Il y a plusieurs tendances parmi les extrémistes flamands, il y en a qui veulent une Flandre indépendante, à laquelle s'ajouteraient certaines portions de la Belgique francophone, de la Flandre française et Bruxelles, d'autres qui veulent former un Etat avec les Pays-Bas...
L'élément linguistique est un facteur important, mais il n'est pas déterminant dans le sens où une culture ou un Etat ne se résume pas à une langue. S'il est vrai qu'un Flamand et un Hollandais se comprennent, il y a d'énormes différences culturelles entre ces deux personnes.

Citation :
En tout cas j'espère que pour la Belgique une voie de raison va se façonner petit à petit, même si cela est (très) mal engagé.
Il y a un peu partout des initiatives populaires qui se mettent en place, c'est déjà une bonne chose!

Citation :
ps: dans les revandications des nationalistes (flamands), n'y a-t-il pas des relents xénophobes face à une certaine immigration grandissante en Belgique ?
C'est lié, mais certains nationalistes flamands préféreront davantage un Kurde ou un Albanais s'installer en Flandre qu'un francophone. Le nationalisme est un extrémisme, et comme tout extrémisme, il est à proscrire...
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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Lun 5 Nov 2007 - 15:27

merci pour ces explications.

aux dernières nouvelles, cette semaine sera décisive: un compromis des 4 partis gouvernementaux devra être trouvé, et les francophones devront faire des concessions sans quoi...

Citation :
La crise belge tourne au mauvais gag

Record battu! Les Belges attendent depuis 148 jours la formation d'un nouveau gouvernement. Cette semaine pourrait être décisive pour l'avenir du Plat Pays.

TANGUY VERHOOSEL, BRUXELLES

La Belgique entrera demain dans son 149e jour de crise politique, la plus longue qu'ait jamais connue le Plat Pays. Elle risque de dégénérer en crise de régime si les quatre partis qui tentent de former un nouveau gouvernement depuis les élections législatives du 10 juin ne parviennent pas à trouver avant mercredi un compromis sur certaines réformes institutionnelles exigées par les Flamands. Le point de la situation.

Un record historique
Quelques semaines après que le Plat Pays eut été mis en vente sur le site à enchères eBay, c'est aujourd'hui la «vente publique forcée de la Région de Bruxelles-Capitale» qu'annoncent des affiches jaunes placardées un peu partout dans la ville, où les drapeaux belges fleurissent par ailleurs sur les façades des habitations. La crise politique que traverse le pays suscite toujours des réactions très mitigées, empreintes à la fois d'extravagance et de catastrophisme, dans la population.

Mais comment a-t-on pu en arriver là?
Cette crise égalera aujourd'hui un record établi en 19871988: ce matin, cela fera 148 jours que la Belgique attend la constitution d'un nouveau gouvernement, après les élections législatives du 10 juin. Quatre partis ­ les démocrateschrétiens et les libéraux flamands et francophones ­ tentent depuis lors de former une coalition, dite de l'«orange bleue», sous la houlette du leader démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, qui est censé devenir premier ministre ­ au moins jusqu'à 2009, quand auront lieu d'importantes élections régionales.

Accords sectoriels
Les partenaires de «l'orange bleue» ont réussi à engranger des accords sectoriels (souvent partiels) dans plusieurs domaines: justice, immigration, environnement, économie, etc. Mais le plus difficile reste à faire: à partir d'aujourd'hui, ils aborderont les questions budgétaires et surtout, certains thèmes institutionnels, qui sont explosifs. Les Flamands réclament une nouvelle réforme de l'Etat; les francophones tiquent. Les relations entre les deux communautés ont rarement été aussi tendues. En réalité, la Belgique est prisonnière de son passé. A sa création, en 1830, le français est devenu la langue des élites dans tout le pays, même si la majorité de la population parlait d'autres dialectes, tant en Wallonie qu'en Flandre. Frustrée, la Flandre (six millions d'habitants, contre quatre millions de francophones en Wallonie et à Bruxelles, aujourd'hui) s'est progressivement émancipée de cette tutelle «fransquillonne», à partir de la fin du XIXe siècle.
De quoi s'agit-il? D'un arrondissement, judiciaire et électoral, qui englobe les 19 communes qui forment la Région de Bruxelles-Capitale et 35 communes situées aux portes de la capitale belge, sur le territoire de la Région flamande. Géographiquement, la Région de Bruxelles-Capitale est enclavée en Flandre, mais elle est peuplée à près de 90% de francophones et a donc le statut de ville bilingue. La Région flamande, en revanche, est unilingue, mais les quelque 130 000 francophones qui vivent dans les 35 communes des cantons de Hal-Vilvorde, accolés à Bruxelles, disposent aujourd'hui de certains droits particuliers: ils peuvent voter, lors des élections législatives et européennes, pour des candidats francophones bruxellois et se défendre en justice dans la langue de Voltaire. La Flandre veut supprimer ces droits et réclame, à cette fin, la scission de l'arrondissement de «BHV». Afin de parachever son oeuvre de purification linguistique, il ne lui resterait plus, ensuite, qu'à abolir les «facilités» supplémentaires (le droit de s'adresser à l'administration dans leur langue, etc.) dont jouissent les francophones dans six communes flamandes proches de Bruxelles. I

Voici le résumé de ce que chacun revendique:

Citation :
Le Grand Bruxelles cherche un compromis

CHACUN POUR SOI
Les Flamands veulent obtenir une scission de BHV sans offrir de contrepartie aux francophones. Ils justifient cette exigence par un arrêt de la Cour constitutionnelle belge qui, en 2003, a estimé que l'arrondissement ne pouvait être maintenu sous sa forme actuelle. Une scission de BHV permettrait évidemment à la Flandre de blinder ses frontières au cas où la Belgique volerait en éclats. Mais les francophones réclament, dans ce contexte, le rattachement des six communes flamandes «à facilités» à la Région bruxelloise. Cela permettrait notamment d'établir un corridor entre la capitale belge et la Wallonie. Selon un politologue belge renommé, Vincent de Coorebyter, qui était récemment l'invité de l'Institut français des relations internationales (Ifri), un «compromis à la belge» sera trouvé: la scission sera décidée, sur papier, mais les francophones de Hal-Vilvorde ne perdront pas tous leurs droits.

VERS UN COMPROMIS?
Les deux parties ont intérêt à lâcher du lest. Si les francophones ne font pas un geste, les Flamands provoqueront, mercredi, un vote sur la scission de BHV au sein de la commission de l'Intérieur de la Chambre basse du Parlement fédéral. Ils sont sûrs de le remporter ­ la décision peut être prise à la majorité simple. Les francophones pourraient toutefois bloquer la décision en agitant une «sonnette d'alarme», ce qui renverrait la balle à un nouveau gouvernement qui n'existe pas... Cette double démarche ­ mise aux voix et blocage ­ signerait sans doute l'arrêt de mort des négociations entreprises par «l'orange bleue». Ce serait du pain bénit pour les extrémistes flamingants, qui ont séduit 30% des électeurs, le 10 juin, et que craignent tant les francophones que les partis flamands traditionnels. Ces derniers sont demandeurs de plus d'autonomie pour la Flandre, mais ne sont pas à proprement parler indépendantistes.

AUTONOMIE
Les revendications autonomistes de la Flandre constituent, précisément, la deuxième raison qui devrait inciter le nord et le sud à mettre de l'eau dans leur vin. Les Flamands réclament que soient transférées de nouvelles compétences de l'Etat fédéral vers les régions, notamment en matière d'imposition (des personnes physiques et des sociétés), d'emploi, de sécurité sociale et de politique des transports. Ils semblent résignés à ne pas obtenir tout ce qu'ils souhaitent, en raison de l'opposition des francophones ­ ce genre de décision doit être prise à une majorité spéciale des deux tiers des parlementaires fédéraux, la majorité absolue devant être réunie dans chacun des deux groupes linguistiques. Les Wallons et les Bruxellois, de leur côté, savent toutefois qu'ils ne pourront pas obtenir le beurre et l'argent du beurre. TV


Le Courrier

Alexandre es-tu positif ? Comment vois-tu cette semaine charnière ? scratch

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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Mer 7 Nov 2007 - 0:12

J'ai toujours été mauvais en pronostics, mais la situation n'est pas prêt de se clarifier...

Personnellement, je pense que ces chamailleries détournent nos politiciens de leurs responsabilités!

Par contre, le 18 novembre a lieu une énorme manifestation à Bruxelles pour tous les Belges qui veulent manifester leur attachement à la Belgique et tourner le dos au nationalisme!
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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Jeu 8 Nov 2007 - 0:11

Voilà, aujourd'hui nous avons assisté à un vote historique Rolling Eyes en Belgique: pour la toute première fois, un vote fut communautaire, néerlandophones contre francophones, dans le cadre de la scission de l'arrondissement BHV (voir texte ci-dessus)...

Cela ne va pas contribuer à apaiser les tensions communautaires, d'autant plus que les francophones ont promis de bloquer la mise en oeuvre de ce vote...
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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Mar 13 Nov 2007 - 22:44

Bon, il semble que la situation évolue un peu... Le roi s'implique dans la crise, avec certains risques pour lui paraît-il...

Citation :
(...)C'est la première fois depuis le 12 juin --deux jours après les élections législatives-- qu'Albert II reçoit les dirigeants de l'"Orange bleue", la coalition de centre-droit que tente de former le leader des chrétiens-démocrates flamands Yves Leterme, et de la probable opposition socialiste et écologiste.(...)

Il faut savoir que normalement, le rôle du souverain belge est, après les législatives, de nommer un "formateur", issu du parti vainqueur, chargé de négocier une coalition réunissant partis francophones et flamands.

Ce scénario pose problème aujourd'hui: le 7 novembre les députés flamands ont voté en commission du Parlement une proposition de loi visant à réduire certains droits des francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles.

Le roi prône donc...

Citation :
(...) le lancement d'un large "forum" réunissant les partis Flamands et francophones pour clarifier, en dehors des négociations gouvernementales, l'avenir institutionnel du pays.

Mais ce scénario a été battu en brèche durant le week-end par les partis politiques appelés à gouverner, les chrétiens-démocrates de M. Leterme en tête.

Les néerlandophones exigent des "garanties" qu'une réforme accordant plus de pouvoirs aux régions soit rapidement lancée. Et les francophones refusent de reprendre les pourparlers tant que les Flamands ne promettront pas de s'abstenir à l'avenir de tout passage en force.

Constatant que le fossé continuait à se creuser, Albert II a convoqué dimanche soir les présidents de partis pour tenter de calmer le jeu.

Mais il a subi les critiques du constitutionnaliste Marc Uyttendaele, qui estimait lundi dans le journal Le Soir qu'Albert II, censé être au-dessus de le mêlée, s'était "laissé instrumentaliser" par le parti de M. Leterme, qui espère ainsi sauver les chances de ce dernier de devenir Premier ministre.

De même, la chaîne publique RTBF se demandait si le roi "ne sortait pas de son rôle" en aidant à ce point M. Leterme.

"La profondeur de la crise incite le roi à prendre plus d'initiatives que d'habitude. Même s'il prend un risque, personne ne remet en cause sa bonne volonté", relativise un autre constitutionnaliste, Francis Delperée.

Mais même avec la meilleure volonté du monde, ces consultations ne "débloqueront pas la situation" et le roi suscite "surtout de l'indifférence" en Flandre, estime un porte-parole de la Nouvelle alliance flamande (NVA), le parti indépendantiste associé à Yves Leterme.


Alors que 63% des Flamands estiment l'éclatement de la Belgique inéluctable à terme, ni la NVA ni aucun parti indépendantiste flamand n'a été invité à ces consultations.

BRUXELLES (AFP)

Source

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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Mer 14 Nov 2007 - 0:20

Mais le Roi peut aussi nommer et révoquer des ministres. D'un point de vue de la Constitution, rien ne l'empêche de nommer un gouvernement de technocrates en attendant que la crise se résorbe...
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MessageSujet: Re: La Belgique en danger ?   Jeu 20 Déc 2007 - 13:19

Après une crise sans précédent qui aura duré 192 jours, la Belgique a enfin un gouvernement dit "intérimaire": il réunit les partis traditionnels et n'inclut pas les nationalistes des deux côtés de la frontière linguistique!

Le gouvernement est dit intérimaire car il est censé s'effacer au profit d'un "vrai" gouvernement à Pâques, gouvernement qui décidera et mettra en oeuvre une énième réforme de l'Etat.

Ce qui nous donne 3-4 mois pour souffler un peu, en attendant peut-être une nouvelle crise... Rolling Eyes
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