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 Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture

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Le pti prince
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MessageSujet: Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture   Lun 30 Oct 2006 - 15:14

Citation :
Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture


Les tours du Lignon. Des animateurs de la FASE sillonnent les quartiers dits chauds.


GENEVE. Trois cents travailleurs sociaux maillent les quartiers dits chauds de la région de Genève, pour tenter de remettre dans le circuit les jeunes en marge de la société. Reportage nocturne.



Christian Lecomte
Lundi 30 octobre 2006

Le portable de Djamel a encore sonné. Au bout du fil, un responsable du stade de football d'Aïre l'informe que des gamins du Lignon âgés de 10-11 ans viennent de «braquer» la buvette. «Ils se sont servis en confiseries et, plus grave, en bouteilles d'alcool», rapporte Djamel qui aussitôt passe plusieurs appels pour mettre en route son «réseau». A savoir quatre ou cinq «grands frères» chargés de mettre la main sur la bande. «Tout va rentrer dans l'ordre, indique-t-il, les gosses vont tout rendre et ils vont s'excuser.» Djamel est rassuré: «Le type a joué le jeu, il aurait pu appeler la police mais il a privilégié un règlement en douceur.» Mais, mauvaise nouvelle, les petits braqueurs ne sont pas inconnus. Djamel venait d'obtenir leur réinscription au club de foot, pour les éloigner un peu de la rue. «Ils ont piqué leur propre club, le message est dur mais clair. Ce qui prouve qu'ici rien n'est jamais acquis», explique-t-il.

Son bureau: le Lignon

Djamel Tazamoucht est un travailleur social de la FASE, la Fondation genevoise pour l'animation socioculturelle dont 300 animateurs maillent les quartiers dits chauds de Genève. Pour parler et tenter de remettre le jeune en rupture dans le circuit. Djamel, qui a des années de banlieue parisienne derrière lui, se définit comme un médiateur. Son bureau: la barre d'immeubles du Lignon, «la plus longue d'Europe». Ses collaborateurs: les indispensables grands frères qui, sortis de la galère, donnent le coup de main.

Il en croise six ou sept à la terrasse d'un café. S'assoit, parle en dialecte local. Les jeunes ont 20 ans, sont Portugais, Kosovars, Espagnols, Sénégalais. «Le Lignon, quoi!» dit Sergio*. Ont presque tous fait «jadis» de la prison trois ou quatre fois, pour vols, rackets, incendies, et certains pour viols en groupe. Ils racontent cela sereinement mais avec amertume. «A cette époque, le Lignon, c'était la vraie zone, on était entraînés par les phénomènes de groupe, dit Agim*. On se croyait les rois et on a joué de la puissance. On a déconné. Maintenant, ça va mieux parce qu'il y a des animateurs, des occupations.»

«C'est pas les banlieues françaises, ici!»

Mais pas touche au Lignon, font-ils comprendre. «Et, surtout, ne pas dire n'importe quoi, prévient Agim. C'est pas les banlieues françaises ici, tu peux venir librement, tu peux poser des questions, on te répond poliment, mais tu écris notre vérité, pas celle des gros titres bidon.»La vérité, selon Djamel, c'est leur désir de s'intégrer, leurs recherches de boulots, de stabilité. «Je brise des tabous en parlant de sexe, de drogue, de religion avec eux, et ça marche: on se parle, on construit quelque chose», martèle-t-il. Il va voir les parents, évoque parfois une thérapie familiale, rejoue dans le cadre d'un théâtre-forum des événements liés à des délits comme le racket et les agressions. «Scène interactive pour faire prendre conscience et verbaliser», ajoute Djamel.

«Casser le machisme ambiant»

Il travaille dans la mixité «parce que partout les garçons imposent leurs règles, il faut donc emmener les filles pour casser le machisme ambiant». Humberto Lopes possède, lui aussi, un bureau «mais sur roues». Plusieurs fois par semaine, à la nuit tombée, cet autre éducateur de la FASE monte dans son BUPP (bus prévention parcs). Direction Onex, Bernex, Avully. A la rencontre des skaters, gothics, punks, riders, rap, Lacoste, identitaires, hip-hop, etc. On les trouve sur des esplanades, toujours dans des recoins. Méfiants mais pas agressifs. Pas un seul café ouvert dès 21h, et les discothèques ont établi des quotas (trop d'étrangers nuisent paraît-il à la réputation des établissements). Ils s'ennuient, tirent sur des joints, boivent beaucoup. Humberto propose du thé chaud, des préservatifs, des alcootests, de la documentation sur les aides, les soutiens. «C'est une présence éducative dans la rue, du relationnel, résume-t-il. On oriente ceux qui veulent vers une assistante sociale, un avocat, un apprentissage. On propose des petits boulots comme un déménagement, une distribution de tous-ménages, un nettoyage de parc.»

Humberto rencontre environ 500 jeunes, dont seule une minorité est, à ses yeux, à risque. «Ceux-là ne possèdent plus de valeur humanisante à cause d'une cellule familiale le plus souvent éclatée et d'une société en crise de transmission», commente Claude Berthoud, animateur et thérapeute.

Alcool, sexe, violence

Les gosses se sentent faibles, complètement seuls. Ils rentrent dans une bande et se disent: maintenant je suis un groupe donc fort. Leurs rites de passage s'effectuent par l'alcool, la violence, le sexe. «Ils portent un code sur leur sac à dos, comme 1213, le code postal d'Onex. Ainsi ils préviennent: si tu tapes un 1213, tout le 1213 va te taper. La protection n'est plus parentale ou sociale mais tribale.»Histoires de bandes qui font l'actualité du moment. Humberto a été le témoin de violents règlements de comptes au couteau et regrette que la justice tarde à prononcer des peines: «J'ai en tête l'exemple d'un jeune qui a en a troué un autre, il est ressorti libre dans l'attente d'un complément d'enquête. L'effet a été dévastateur sur le quartier: le type s'est pavané en claironnant que même les juges ne pouvaient rien contre lui. C'est d'autant plus grave que la mise à l'écart d'un individu suffit parfois à rétablir le calme dans un quartier.»



*Prénoms fictifs.

Le Temps

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Tiny
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MessageSujet: Re: Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture   Lun 30 Oct 2006 - 19:50

Shocked le Lignon, c'est mon enfance, ma jeunesse, mon adolescence Shocked j'y suis née, j'y ai vécu Shocked et j'ai jamais rien vu ni entendu Shocked
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Diakos
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MessageSujet: Re: Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture   Lun 30 Oct 2006 - 20:27

Eh bien tu devrais faire un contrôle de la vue et de l'audition! lol!
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Tiny
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MessageSujet: Re: Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture   Lun 30 Oct 2006 - 21:06

en fait, c'est mes potes ceux qui faisaient le bordel affraid
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Diakos
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MessageSujet: Re: Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture   Lun 30 Oct 2006 - 21:09

eh bien, charmantes fréquentations...
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MessageSujet: Re: Au bout de la nuit genevoise, parmi la jeunesse en rupture   

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