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 La précarité en France: une génération d'invisibles

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Le pti prince
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MessageSujet: La précarité en France: une génération d'invisibles   Lun 6 Nov 2006 - 15:25

une "nouvelle" forme de "classe" sociale a été découverte par les sociologues français auteurs de l'ouvrage "La France invisible": une "classe" des "oubliés"... qui grâce à ces sociologues pourront peut-être gagner en visibilité ? Rolling Eyes la sociologie serait donc utile 👅 bon voici plutôt le bouquin en question:



Citation :

Entretien avec Stéphane Beaud, sociologue, Jade Lindgaard et Joseph Confavreux, journalistes, auteurs du livre "La France Invisible", aux éditions La Découverte.
Les trois auteurs ont travaillé sur les oubliés de la croissance, les oubliés des médias, des politiques, les exclus de l’emploi...il s’agit des prisonniers, des banlieusards, des licenciés, des salariés pauvres, des discriminés, la liste est longue.
Les trois auteurs ont donné la parole à ces invisibles avec l’éclairage de sociologues qui tentent d’expliquer ces situations d’exclusion passées sous silence par les médias et les politiques

Voilà ce qu'en dit pour sa part Le Courrier:

Citation :
France: Une génération d'invisibles


ANNA MARIA MERLO, PARIS, IL MANIFESTO

Paru le Lundi 06 Novembre 2006



PRECARITE EN FRANCE - Une vaste enquête sociologique, qui traite des nouvelles populations de précaires en France, sort de presse. D'après les auteurs de cet ouvrage monumental, le système économique actuel intègre ces personnes en tant que «dégâts collatéraux». A cinq mois des présidentielles françaises, l'ouvrage collectif «La France invisible» ne devrait pas passer inaperçu.

En matière d'emploi, les statistiques dissimulent la réalité: le chômage diminue, prétend le gouvernement. Mais en France, les sans-emploi ont été divisés en plusieurs catégories, et les statistiques ne prennent en compte que la première catégorie. Sauf que depuis dix ans, le nombre de personnes classées dans les autres catégories a augmenté de 40%. Il s'agit de personnes, en particulier des femmes, qui ne s'inscrivent plus dans les bureaux de placement, qui travaillent moins de 78 heures par mois ou qui ont des contrats à durée déterminée. Les sociologues de l'ouvrage ne veulent plus entendre parler du terme «chômeur», beaucoup trop générique. Ils préfèrent parler de «privé d'emploi salarié stable».
Il ne s'agit pas d'Ulrich, héros du roman de Robert Musil Un homme sans qualité, mais de personnes qui vivent des drames personnels qui ne rentrent dans aucune catégorie de l'aide sociale. Ni sans-papiers, ni sans-abri, ni sans famille, les nouveaux précaires «ne correspondent pas aux groupes traditionnels de la grande précarité et ne se sont pas encore organisés en tant que minorités». Il s'agit de travailleurs déclassés, de ménagères, de bénéficiaires de l'aide sociale devenus squatters dans des maisons de campagne à l'abandon, de jeunes ruraux qui n'intéressent personne. Mais il y a aussi les intermittents du travail, les précaires de l'administration publique, les travailleurs mis sous pression et menacés de licenciement.
L'ouvrage cite l'exemple d'ouvrières d'une usine Levi Strauss, dans le Nord, victimes de la délocalisation; de cadres chez Neuf Telecom ou IBM qui subissent une pression insupportable; d'employés de chez Mc Donalds obligés de signer des lettres de licenciement non datées.
Mais l'enquête aborde aussi les cas de personnes qui ont perdu le droit à la sécurité sociale, les jeunes qui accumulent des stages sans parvenir à intégrer le monde du CDI (contrat de travail à durée indéterminée), les travailleurs de l'ombre payés au lance-pierre, les ouvriers agricoles...
L'inégalité des générations face au travail est criante. Désormais, les entreprises utilisent les débutants comme une variable d'ajustement du marché du travail. En 1983, selon les statistiques de l'Hexagone, plus de 80% des jeunes trouvaient un emploi fixe un an après l'entrée dans le monde du travail. Aujourd'hui, ils sont moins de 50% dans le même cas. C'est une génération low cost, qui avec un salaire égal peut se permettre de louer un appartement deux fois plus petit qu'il y a vingt ans. Et qui doit souvent retourner vivre chez ses parents.
Luis Chauvel, sociologue de l'ouvrage collectif, observe: «Travail, logement et même santé: la nouvelle génération n'a pas les mêmes perspectives que les générations précédentes au même âge.» Les inégalités en matière de santé sont étroitement liées au niveau social. Et, selon les chercheurs en sociologie, la société prend en compte ces problèmes de discrimination et parfois des lois sont votées pour diminuer ces discriminations. Mais les personnes concernées vivent au quotidien une tout autre réalité que celle décrite dans la plupart des médias. «Les invisibles, dit l'introduction de l'ouvrage, ne sont pas de «nouveaux prolétaires»: ils n'ont souvent rien à voir les uns avec les autres, c'est pourquoi ils restent difficiles à percevoir.»
Ces nouveaux précaires ne forment pas une classe sociale homogène, mais ce ne sont pas pour autant des catégories sociales figées. Reste que, au cours de l'enquête, la plupart des personnes se sont reconnues dans la notion d'invisibilité, non pas en tant que catégorie sociologique, mais comme un ensemble de processus qui induisent un sentiment de non reconnaissance et de mépris social.»
En fait, les raisons de l'invisibilité sont cumulables: on peut être à la fois banlieusard, précaire du secteur public et intermittent du travail. Mais ces raisons ne sont pas infinies: on n'est pas forcément chômeur et sans-abri toute sa vie. Reste que de plus en plus de personnes passent par ce chemin. Cela en devient presque banal, et qui dit banal dit pas vraiment intéressant au yeux des autres. Invisible, quoi. I

Note : Traduit et adapté par Luca Benetti

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